Les djihadistes resteront-ils en prison s’ils rentrent en France ?

Les faits

Un mois à peine après l’attentat islamique de Strasbourg qui a coûté la vie à cinq personnes et en a blessé onze autres, le gouvernement Macron annonce son intention de faire revenir en France 130 djihadistes, actuellement détenus en Syrie par les Kurdes. Une décision lourde de sens, alors que le pouvoir affirmait jusqu’à présent que ces djihadistes devaient être jugés par les autorités locales.

Pour le ministre de la Justice, Nicole Belloubet, « nous avons fait un choix, qui est celui de la préférence du contrôle et donc du rapatriement en France ». Le ministre a d’autre part confirmé ce 31 janvier sur RTL qu’une « trentaine » de djihadistes allaient être libérés des prisons françaises en 2019. Ils s’ajoutent à la « vingtaine » déjà libérés au cours de l’année 2018, comme l’avait alors signalé François Molins, à la tête du parquet antiterroriste.

De son côté, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, en charge de la sécurité nationale, a affirmé ce 29 janvier que les terroristes islamiques partis en Irak et en Syrie étaient « d’abord des Français avant d’être des djihadistes ». Quelques mois auparavant, il assumait son désir « d’accueillir » les « 258 adultes » toujours présents dans les rangs de l’Etat islamique. Tels sont les propos tenus dans les rangs d’ « En Marche », au service de Macron.

Avant cela, en janvier 2016, le discours de Castaner était tout autre : « dans l’absolu, il faudrait pouvoir déchoir tout auteur d’un crime terroriste de la nationalité française, qu’il soit binational ou non ».

Ce que le gouvernement ne dit pas

Révélateur de la politique de Macron, ce changement de cap est grave de conséquences pour nos concitoyens. En novembre 2017, Nicole Belloubet dévoilait sur CNEWS que sur 244 djihadistes de retour en France, seulement 175 étaient « suivis par la Justice », donc pas forcément en détention, et 69 étaient libres. Désormais, Castaner ajoute sur BFMTV qu’ils seront mis en prison « lorsque le juge estimera » que c’est nécessaire… Non seulement la prison ne sera pas automatique, mais surtout elle a déjà montré ses limites pour les terroristes islamiques.

Selon les chiffres du centre d’analyse du terrorisme, 384 personnes impliquées dans les filières djihadistes d’Irak et de Syrie ont déjà été jugées en France. Au second semestre 2018, la moyenne des peines prononcées n’est que de 8 ans et 4 mois d’emprisonnement. Sachant qu’elles sont rarement exécutées entièrement, nous sommes bien loin des djihadistes « sévèrement punis en France » comme le prétend le Premier ministre Édouard Philippe sur France Inter.

De plus, la machine judiciaire a déjà failli à plusieurs reprises par le passé. Le terroriste islamique Adel Kermiche, assassin du père Hamel dans l’église Saint-Etienne-du-Rouvray en 2016, avait été équipé d’un simple bracelet électronique et libéré de prison. Dans son ouvrage Les revenants, le journaliste d’investigation David Thomson se demande « comment ce détenu, dont la radicalité était à ce point connue en détention, est-il parvenu à se dissimuler et à duper plusieurs magistrats ». Le port du bracelet électronique ne l’a pas empêché d’égorger le père Hamel dans son église.

Autre cas, en avril 2018, le djihadiste présumé Oualib B. a été libéré de prison après une erreur d’un juge d’instruction. Selon Le Canard enchaîné qui a révélé les faits, le juge d’instruction en question a refusé de quitter ses fonctions. Un mois plus tard, en dépit d’un prétendu « contrôle judiciaire très strict », ce Oualib B. était interpellé en dehors de la zone autorisée par son contrôle judiciaire, son téléphone contenant des images de djihadistes armés et une vidéo de l’Etat islamique.

Plus globalement, dès 2018, François Molins dénonçait les méfaits de l’emprisonnement en France des djihadistes : « On court un risque majeur qui est celui de voir sortir de prison à l’issue de leur peine des gens qui ne seront pas du tout repentis, qui risquent même d’être encore plus endurcis compte tenu de leur séjour en prison ». Et de préciser que parmi la « trentaine » de terroristes islamiques libérés en 2019, plus de la moitié avait une « expérience militaire » en Irak ou en Syrie. De véritables soldats islamiques, libres de circuler dans nos rues et de croiser la route de nos enfants…

Ce que l’on peut en penser

Depuis plusieurs années, les médias politiquement correct tentent de faire passer dans l’opinion l’idée de djihadistes « repentis », pour justifier leur retour en France. C’est à la fois faux et terriblement dangereux pour nos concitoyens. Ceux qui ont sérieusement interrogé des djihadistes le savent : « Il faut se départir de toute naïveté. Nous sommes face à des gens qui sont davantage déçus que repentis » affirme François Molins, avant de préciser : « nous allons être confrontés à des mineurs ou des femmes qui ont été souvent formés au maniement des armes ».

La question des femmes et des enfants a longtemps été l’élément central de la propagande médiatique, afin d’émouvoir les Français. Le ministre de la Justice, Nicole Belloubet, croit encore bon de rappeler sur RTL que « les enfants sont plus nombreux que les adultes ». Sans préciser qu’il s’agit souvent d’enfants-soldats, ayant appris à manier des armes mortelles dans la haine de la France. Quant aux femmes soi-disant « suiveuses » de leurs maris, David Thomson a pu interroger Sonia B., ancienne membre de l’État islamique : « Elle me disait que le jour des attentats de Charlie Hebdo avait été “le plus beau jour de sa vie” »…

Désormais, la distinction entre hommes, femmes et enfants laisse la place à la promesse d’une sévérité judiciaire. Mais la tentative de manipulation est la même de la part du gouvernement Macron. Elle est notamment soutenue par des avocats militants qui se font une audience médiatique et un véritable business en défendant les islamistes. Le scandale est tel que l’un d’entre eux, Bruno Vinay, vient d’être mis en examen pour « financement du terrorisme ».

Pendant ce temps, les Français sont très largement opposés au retour des djihadistes dans notre pays. Le 2 février 2018, 82% d’entre eux estimaient que les djihadistes devaient être jugés et condamnés sur place, selon les lois locales (sondage IFOP). Malgré le discours médiatique, ils ont conscience du fait que la prison ne répond pas à la gravité du danger. Les centaines de morts et de blessés accumulés au fil des attentats islamiques les ont marqués au coeur. En 2012 déjà, Mohammed Merah était un djihadiste « revenant » du Pakistan…

Pour aller plus loin

Pétition contre le retour des djihadistes en France : https://damocles.co/stop-djihadistes/

Nos Damoclès désintox : Est-ce que la « déradicalisation » des djihadistes fonctionne ? https://damocles.co/djihadistes-deradicalisation-echec/   Les djihadistes continuent-ils à toucher des aides socialeshttps://damocles.co/djihadistes-allocations-aides-sociales/

Nos articles sur l’aveuglement vis-à-vis du djihadisme : https://damocles.co/djihadisme-annees-aveuglement ; les avocats qui défendent les islamistes : William Bourdon : https://damocles.co/bourdon-avocat-islamistes Vincent Brengarth : https://damocles.co/djihadistes-prison-france

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