Les « foulards rouges » sont-ils des militants de Macron ?

Les faits

« La marche républicaine de soutien à Emmanuel Macron » : c’est ainsi que devait se nommer la manifestation des foulards rouges ce dimanche 27 janvier. Le mouvement, né en réaction aux Gilets Jaunes fin novembre, espérait mobiliser en masse les supporters du Président. Jouer le rapport de force face aux Gilets Jaunes qui ne seraient quant à eux qu’une « minorité » dans le pays.

Le nom « Macron » étant devenu un repoussoir dans l’opinion publique, les foulards rouges renomment leur manifestation « Marche républicaine des libertés » à l’approche de l’évènement. « République », « Liberté », autant d’idées derrière lesquelles beaucoup de Français pourraient se retrouver. Ne plus citer Macron évite aussi de l’impliquer en cas d’échec. Se met ainsi en place une manipulation afin de paraître non-partisan et rassembler du monde. Le co-organisateur des foulards rouges, Théo Poulard, l’affirme : « Si on est 20 000, ce sera un succès ».

Mais c’est un véritable échec : les foulards rouges réunissent à peine quelques milliers de personnes, 10 500 selon la préfecture, moins de 10 000 selon l’AFP. À titre de comparaison, la plus faible mobilisation des Gilets Jaunes, le 29 décembre dernier, cumulait 12 000 manifestants à midi… selon les chiffres du gouvernement. Au plus bas de leur mouvement, en pleine période de fêtes et alors que la mobilisation dure depuis des semaines, tous les jours, les Gilets Jaunes étaient donc toujours plus nombreux que les foulards rouges pourtant rassemblés dans une manifestation unique.

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Car le parti pris politique des foulards rouges est évident depuis le début. Sans avoir besoin d’attribuer un vote Macron à chaque manifestant, se trouvent au sein du cortège du 27 janvier des élus « En Marche » comme le député Jean-Michel Fauvergue ou le chef de file des sénateurs LREM, François Patriat. Au milieu des drapeaux de l’Union européenne ou des slogans contre « le populisme », les principaux représentants des foulards rouges ont déjà affirmé leur soutien à Macron. Voire sont des militants LREM de longue date.

Ce que les autres médias n’ont pas montré

Interrogés par les médias, ces représentants répètent en boucle venir de « tous bords politiques ». Sur RTL, Corinne Chabert prétend ainsi que les foulards rouges n’ont « rien à voir avec La République En Marche ». En face d’elle, les journalistes gardent le silence et ne font pas leur travail de vérification des faits. Damoclès a réalisé ce travail journalistique et les exemples s’accumulent de militants LREM devenus représentants des foulards rouges. Ou qui sont même à l’origine de cette mobilisation anti Gilets Jaunes.

Laurent Segnis, soutien d’Emmanuel Macron, complaisamment relayé par CNEWS, insulte ouvertement les Gilets Jaunes sur les réseaux sociaux.

« Laurent de Toulouse », longtemps anonyme volontaire, est en vérité Laurent Soulié, « sympathisant assumé de la République en marche » selon La Dépêche.

L’autre co-organisateur de la manifestation des foulards rouges, Philippe Lhoste, cumule un passé de militant LREM (il tractait encore pour Macron en décembre !), une grossière exagération du nombre de manifestants (pas moins de 30 000 selon ses dires…) et une véritable théorie du complot contre les Gilets Jaunes.

Ce que l’on peut en penser

La bienveillance médiatique à l’égard des foulards rouges finit de révéler leur rôle politique. Le 29 décembre, de nombreux médias s’empressaient d’annoncer la « perte de vitesse » des Gilets Jaunes. Le Parisien évoquait un mouvement « beaucoup plus faible », France24 une « mobilisation timide » et L’Opinion « un acte qui peine à rassembler ». Mais les jugements négatifs disparaissent comme par magie quand il s’agit des 10 500 manifestants foulards rouges, un véritable bide étant donnée la promotion médiatique depuis plusieurs semaines.

L’ambition des médias politiquement corrects est de présenter les foulards rouges comme un groupe équivalent aux Gilets Jaunes. À mettre sur le même plan. Malgré leur nombre infime, ils sont propulsés comme « l’autre face de la France divisée » selon Le Figaro. Pour le pouvoir macronien, l’espoir est de rejouer mai 68, avec une « majorité silencieuse » qui se lèverait de nouveau contre le chaos et la « chienlit ». Sauf que les Gilets Jaunes sont justement issus de cette majorité silencieuse, ignorée depuis de nombreuses années, méprisée et rejetée en dehors des centres de décisions.

Loin d’incarner le « peuple » prônant le retour au calme, la manifestation des foulards rouges évoque bien plus souvent le mépris et la haine envers ceux qui ont moins. Ainsi Francis Pourbagher, « centriste » auto-proclamé, ex-directeur de cabinet à la mairie d’Asnières, qui traite les Gilets Jaunes d’ « analphabètes »… Un mot qui rappelle précisément celui de Macron en 2014, quand il évoquait les salariées « illettrées » de Gad.

Au final, le mouvement des foulards rouges est un nouvel échec pour Emmanuel Macron. L’ambition de s’opposer frontalement aux Gilets Jaunes, jusque dans le choix des couleurs, s’effondre devant le faible nombre de manifestants. L’ambition de réunir tous les horizons politiques s’efface lorsque les représentants du mouvement, soutiens de Macron, sont démasqués. Enfin, l’ambition de paraître modéré disparaît dans les insultes lancées aux opposants et aux médias qui ne s’alignent pas : un journaliste de RT France a été traité de « collabo » et de « fasciste » par un foulard rouge en pleine rue, sans que cela n’émeuve le reste des médias. Drôle de vision d’une « marche républicaine des libertés »…

Pour aller plus loin

Notre article sur le mépris du gouvernement Macron contre les Gilets Jaunes depuis le début du mouvement : https://damocles.co/mepris-gilets-jaunes

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