Affaire Benalla : avez-vous le bon profil pour rejoindre Macron ?

Un poste se libère auprès de Macron. Son précieux collaborateur, Alexandre Benalla, vient d’être placé en garde à vue pour « violences en réunion », « usurpation de fonctions », « port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique » et « complicité de détournement »… Pourriez-vous le remplacer ?

1) Etes-vous prêt à suivre la filière socialiste ?

La première étape afin de devenir le nouvel Alexandre Benalla, intime du président, voué à ses moindres désirs, est d’intégrer le service d’ordre du parti socialiste. Faisant son chemin dès 2010 dans les méandres des meetings, le jeune Benalla, 18 ans, finit par être rattaché à la sécurité de Martine Aubry lors des primaires de 2012. Puis à celle de François Hollande pendant la campagne présidentielle. De là, une première consécration en devenant chauffeur d’Arnaud Montebourg, ministre du fameux « Redressement productif ».

Patatra, tout s’effondre déjà au bout d’une semaine. L’attrait du pouvoir brûle les ailes et Benalla est licencié pour avoir provoqué un accident de voiture et tenté de prendre la fuite, en présence même de Montebourg. Heureusement pour lui, par arrêté du Premier ministre de François Hollande, Manuel Valls, il est admis au printemps 2015 à la session « jeunes » de l’Institut des hautes études de la sécurité et de la justice (IHESJ). Le pouvoir socialiste lui permet de suivre « une semaine de formation de haut niveau organisée à l’école des officiers de la gendarmerie à Melun ». Une seconde chance ?

2) Exercer la violence sans craindre les conséquences ?

En mars 2016, Alexandre Benalla, 24 ans, est jugé à Nanterre pour des violences volontaires contre une femme « ayant entraîné une incapacité temporaire de travail (ITT) supérieure à 8 jours » selon cette dernière. Il est relaxé sans que les raisons en soient explicitées par le jugement. Quelques mois plus tard, Macron l’embauche comme responsable de sa sécurité, pour 3 500 euros par mois. Malgré cette affaire. Malgré son passif. Au cours de la campagne présidentielle qui suit, Benalla arrache notamment l’accréditation d’un journaliste de Public Sénat, avant de le ceinturer et de l’expulser de force d’une salle de meeting. En êtes-vous capable ?

Une fois élu, Macron le récompense d’un poste d’ « adjoint au chef de cabinet » de l’Elysée. Benalla est responsable de l’embauche du garde du corps de Macron, le fameux Makao qui finira par jouer à la console avec Jawad Bendaoud, le logeur de terroristes islamiques… Un type de connaissances qui n’est pas donné à tout le monde.

C’est ce même Palais de l’Elysée qui demande la présence de Benalla le 1er mai 2018, au sein de la manifestation parisienne. Vêtu d’un casque à visière et d’un brassard « Police », il agrippe par le cou et frappe un homme déjà maîtrisé par les forces de l’ordre. Puis violente une femme et tente de la faire tomber au sol. Et ce ne sont là que les scènes qui ont pu être filmées.

3) Vous déguiser en policier sous couvert du pouvoir macronien ?

Dès le lendemain, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, est au courant des violences commises par Benalla. De même que Macron. Contrairement à ce qu’impose l’article 40 du Code de procédure pénale, le parquet de Paris n’est pas saisi. Il n’écope que d’une mise à pied de deux semaines. Une « clémence » à laquelle n’aurait jamais droit un policier dans une situation similaire. Pourquoi un tel traitement de faveur pour un simple « collaborateur » ?

Pire encore, l’Elysée aurait même encouragé Benalla, 26 ans, à soumettre sa candidature au poste de sous-préfet de la République. Et ce, alors que la limite d’âge inférieure est fixée légalement à 35 ans. Un privilège de courtisan que seule l’opposition ferme des milieux préfectoraux parvient à contrecarrer. Car certains ont encore le sens de l’Etat et de la loi. Benalla, lui, doit retirer sa candidature, alors qu’il croit jusque-là pouvoir jouer sans limite au cow-boy avec le soutien de son maître Macron. Mais si vous êtes intéressé par le poste, ce n’est pas tout.

4) Etre puni et vous occuper des Bleus champions du monde ?

Selon le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, Alexandre Benalla est rétrogradé et ne s’occupe plus que de la sécurité d’évènements à l’Elysée. Après la tentative d’étouffement de l’affaire, voilà le mensonge. Car Benalla reste bien actif auprès d’Emmanuel Macron dans ses déplacements, comme le 13 juillet dans les jardins de Claude Monet à Giverny puis le lendemain lors du défilé du 14 juillet à Paris. C’est bien connu, entre amis on se pardonne tout.

Deux jours plus tard, le « collaborateur » Benalla est sur le tarmac de l’aéroport de Roissy lors de l’arrivée de l’équipe de France de football après sa victoire en Coupe du monde. Les gendarmes présents soulignent son « comportement inacceptable » alors qu’il tente de prendre lui-même en main le dispositif de sécurité. Dans la foulée, il est aux côtés des Bleus lors de leur remontée express des Champs-Elysées. Dix minutes à peine auprès du public, ce qui permet à Macron de poser aux côtés des joueurs français sur le perron de l’Elysée pour le journal télévisé de 20h… Et vous, pourriez-vous apporter à domicile la Coupe du monde à votre patron ?

5) Alors la vie de château s’offre à vous…

Un tel dévouement offre de bien belles récompenses ! Le 9 juillet dernier, soit deux mois après avoir agressé des manifestants, Alexandre Benalla emménage au 11, quai Branly, dans un appartement dépendant de l’Elysée. Un logement de fonction luxueux, dans le très chic 7e arrondissement de Paris, où François Mitterrand avait notamment installé sa compagne Anne Pingeot et leur fille Mazarine… Et L’Express d’affirmer qu’Alexandre Benalla était sur le point d’y entamer des travaux pour réunir deux appartements afin d’en faire « un duplex, d’une surface de près de 200 mètres carrés ». Le tout, avec un budget alloué de 180.000 euros. Pas mal pour vos travaux d’emménagements, non ?

Pour ses déplacements, Alexandre Benalla bénéficie d’une voiture de fonction avec chauffeur, équipée d’un girophare deux tons. BFM dévoile même une photo de son véhicule équipé de dispositifs lumineux à l’intérieur de l’habitacle réservés en principe à l’usage de la police. Un équipement de pointe auquel la plupart des policiers, mêmes chefs, n’ont pas accès. Enfin, jusqu’à ce que son licenciement soit acté, sachez que le salaire du « collaborateur » Benalla avoisinait les 6 000 euros par mois. Rien que ça.

6) …Et toutes les portes s’ouvrent !

Mais les avantages en nature ne sont pas tout. Officiellement nommé « adjoint au chef de cabinet » de l’Elysée, Alexandre Benalla dispose depuis un an d’un badge d’accès à l’Hémicycle de l’Assemblée nationale. Au coeur même de notre démocratie. Malgré l’absence officielle de fonction politique. Le Point révèle en outre que Benalla est habilité au titre du secret de la défense nationale, ce qui permet l’accès à des données protégées. Débarquer de nulle part et devenir James Bond, ça vous irait ? La liste se poursuit avec l’obtention, à 26 ans, du grade de lieutenant-colonel de la réserve citoyenne. En sautant toutes les étapes. Lieutenant-colonel, c’était aussi le grade d’Arnaud Beltrame, dans l’active militaire, lorsqu’il s’est sacrifié pour son pays. Après plus de 20 ans de carrière. Terrible symbole.

N’attendez pas du pouvoir macronien qu’il assume sa responsabilité dans toutes ces décisions. Benalla s’est vu délivrer un permis de port d’arme à la demande de l’Elysée. Mais le ministre de l’Intérieur prétend ne pas avoir été mis au courant. A l’écouter, Collomb n’était au courant de rien, même pas de la « fonction » d’Alexandre Benalla… Alors qu’il a été pris à de multiples reprises en photo avec lui auprès de Macron. Plus fort encore, Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, pense que Benalla vient simplement « rendre visite à des amis » à l’Assemblée nationale. Sa présence avec les Bleus après avoir frappé des manifestants ? « J’ai entendu dire qu’il était en charge de la logistique des bagages ». Ni vu ni connu. Un véritable poste de rêve, vous ne trouvez pas ?

En fin de compte, le scandale et la tragi-comédie Benalla remontent à une seule source : Macron. C’est l’Elysée qui a pensé et validé l’ascension et chacun des avantages obtenus par ce « collaborateur ». D’ailleurs, la confiance et l’intimité sont telles entre les deux hommes qu’Alexandre Benalla possède les clés de la villa de Brigitte et d’Emmanuel Macron au Touquet. Autant dire que l’affaire Benalla est une affaire Macron.. Restent désormais de graves questions sur les véritables liens et les possibles dépendances entre le président de la République française et cet individu violent, toujours présent dans son ombre.

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